WEEK-END INTERNATIONAL DE LUTTE CONTRE LA PUBLICITE
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Ce 23 mars marque le début d’un week-end international d’actions contre la publicité, auquel EELV Alsace apporte bien naturellement son soutien. À l’heure des plans climat et autres actions contre la destruction de notre environnement, la réflexion autour de la publicité est pratiquement inexistante du débat public lorsqu’elle n’est pas portée par les écologistes (Paris, Grenoble pour ne citer que les grandes villes). Lutter contre la surconsommation et le productivisme implique en effet de remettre en cause son principal outil de communication.

Qu’elle nous impacte dans l’espace public, à la télévision, dans nos boîtes aux lettres ou sur Internet, la publicité est omniprésente dans notre quotidien et provoque de nombreux dégâts au nom de la croissance. La dégradation des paysages, l’éclairage de nuit (pollution lumineuse et consommation d’énergie), le gaspillage des ressources sont autant de conséquences directement néfastes pour notre planète et donc pour ses habitant.e.s. Ces conclusions sont encore plus vraies en ce qui concerne les écrans numériques qui sont environ dix fois plus consommateurs d’énergie qu’un panneau classique, et ce, sans prendre en compte leur construction ou recyclage.

Sur le plan sanitaire et social, le bilan est tout aussi accablant. On estime qu’en moyenne, une personne est soumise à plus de 500 messages publicitaires par jour, sans aucun moyen pour se défendre contre ces attaques qui ressemblent bien à du harcèlement. De plus, leur impact sur notre cerveau est problématique (surcharge cognitive, fatigue). Les injonctions à la consommation soulignent également les inégalités, augmentent les frustrations et restreignent les libertés. Les produits proposés renvoient chaque consommateur.rice.s à son porte-monnaie et martèlent que pour être, il faut avoir, au détriment de celles et ceux qui ne peuvent pas se les payer mais qui subissent l’humiliation publicitaire chaque jour. C’est sans compter l’impact sur nos corps et nos façons d’être, elles aussi terriblement codifiées par un conformisme étouffant.

Mais les instances publiques n’en sont plus à un paradoxe près vis-à-vis de la publicité. Qu’en est-il des panneaux numériques géants placés au bord des routes à l’heure de l’interdiction des téléphones portables au volant ? Et alors même qu’elle pollue nos vies et met notre santé en danger, en Alsace, il se trouve encore trop de  municipalités pour lui ouvrir grand les bras. C’est le cas de Mulhouse qui, à contre-courant de ce qu’il faudrait faire pour préserver ses concitoyen.ne.s et leur qualité de vie, a signé avec JCDecaux un marché de dupe pour faire installer des panneaux numériques partout dans la ville sous le faux prétexte d’informer la population (50% de temps « d’information municipale » contre 50% de temps de cerveau disponible dont les profits vont dans les poches de JCDecaux).

Agressive, menteuse, humiliante, polluante, la publicité n’a pour elle que l’argent des quelques grandes entreprises qui se partagent ce marché juteux. Pour une société plus apaisée et plus respectueuse de l’environnement, EELV Alsace participera activement aux journées d’action prévues ce week-end.

Le BER d’EELV Alsace
Philippe AULLEN, Cécile GERMAIN, Mélanie GOERKE, Alexandre GONCALVES, Michaël KUGLER, Christelle SYLLAS