Hydrocarbures : une mesure symbolique mais nécessaire
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EELV se félicite de la décision prise par le ministre de l’écologie de mettre fin, d’ici à 2040, à l’exploitation des hydrocarbures en France. Ce faisant, c’est la promesse du candidat Macron de mettre fin à l’extraction qui serait tenue.

Après le succès de la COP21 et les engagements de l’Accord de Paris, c’est un signe positif envoyé à la planète. Certes, la France produit très peu d’énergie issue des hydrocarbures, mais le symbole de cette décision marque une volonté politique de changer de régime.

Cette décision rappelle qu’un système qui repose sur l’exploitation de ressources non renouvelables et dont les conséquences écologiques sont désastreuses n’est pas l’objectif de développement de la France.

Europe Écologie Les Verts dénonce toutefois la rédaction de l’article 3 du projet du loi, qui exclut les gaz de couche de l’interdiction d’exploitation ! L’exploitation des gaz de couche émet des gaz à effet de serre, notamment du méthane (beaucoup plus nocif pour le climat que le dioxyde de carbone), et participe à la pollution des sols, de l’eau et l’air. Il est donc nécessaire de l’interdire au même titre titre que tous les autres hydrocarbures.

Mais pour que cette politique produise ses effets, il faut aller plus loin : la production française ne représente que 1 à 2% de l’utilisation du pétrole dans le pays et si le gouvernement veut réellement appliquer l’accord de Paris, il est temps de mettre en place une politique ambitieuse qui tienne compte des émissions importées. Contrairement aux émissions émises sur notre territoire, elles ont augmenté.

Pour y parvenir, il est temps de sortir de l’hypocrisie. Aujourd’hui l’argent public, directement (aides) ou indirectement (défiscalisations), continue à être utilisé pour subventionner l’industrie pétrolière. Il est impossible de continuer les grands discours d’affichage pour « make our planet great again » tout en finançant ceux qui la détruisent. Les écologistes demandent que soit mise en place une réglementation accrue des multinationales ainsi que la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne.

Après les scandales à répétition des tests anti-pollution truqués par une majorité de constructeurs automobile, il est impossible de fermer les yeux sur le système quasi-mafieux des hydrocarbures. En tant que politiques, nous devons agir pour sortir définitivement du tout pétrole et le plus rapidement possible. Un système qui, à l’instar du nucléaire, rend la France totalement dépendante de la production de pays tiers. Une dépendance qui influence notre politique internationale, tout particulièrement au Proche-Orient.

Cette sortie des fossiles est d’autant plus nécessaire que l’alternative est désirable : investir dans la transition écologique, et donc dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, pourrait créer plus d’un million d’emplois en France.

Enfin, les écologistes souhaitent connaître les actions que prendra le gouvernement et le calendrier de mise en oeuvre pour parvenir aux nombreux objectifs qui ont annoncés. Il nous reste très peu de temps, et en tous cas moins d’un quinquennat, pour espérer contenir le changement climatique sous les 2°C de réchauffement global moyen. Il est temps d’agir !

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux